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Tapisserie

Tapisserie

Au début des années 1940, Jean Lurçat (1892-1966) s'attèle à faire revivre l'art de la tapisserie qui après la révolution française tend à imiter la peinture et dont les couleurs prennent plus d’importance que les effets du tissage. Il s’installe à Aubusson, simplifie la palette et introduit un tissage robuste à large point à partir d’un carton numéroté. Sous Lurçat, la tapisserie regagne des valeurs sûres pour redevenir un art puissant qui sera célébré par de nombreux artistes tels, Le Corbusier, Léger, Matisse, Picasso, Dom Robert, Picard-le-Doux, Marc Saint-Saens.

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Dès les années cinquante, séduite par le monde fabuleux de la tapisserie, Marliese Scheller s’intéresse au sort de l’artisanat libanais et participe énergiquement à la renaissance de la tapisserie en Orient. Dans un premier temps, elle agrandit progressivement les dimensions des métiers et enseigne le tissage de la laine. Après deux ans de retraite consacrée à la formation des lissiers dans les ateliers de Zouk (Liban) sur des métiers à tisser de basse lice, la première exposition de tapisseries entièrement tissées en laine s’ouvre tout comme les nombreuses perspectives nationales et sociales.

Marliese Scheller donne un nouvel essor aux ateliers de Zouk dont la réputation des tissages à travers les siècles et par-delà les mers s’était lentement assoupie et ainsi rivalise avec les ateliers d’Europe. Si le point de tissage s’apparente à celui d’Aubusson, la perfection, la multiplicité des points et la mise en place d’une méthode résulte en un tissage franc sans rajustement, ni camouflage. Picard-le-Doux (1902-1982) encourage l’artiste et amie dans sa croisade et celle-ci accorde toute sa collaboration et son savoir aux ateliers de Zouk. Tout comme Jean Lurçat, elle s’efforce de restituer à la tapisserie son autonomie et son originalité.

Chacune des ses tapisseries est issue d’un carton numéroté à dimension réelle et tissé à exemplaire unique. En 1965, la première tapisserie réalisée entièrement en soie, La corbeille de fleurs, voit le jour. Cet exploit dépasse toutes les prévisions et les ateliers de Zouk œuvrent jusqu’en 1975, où, contraints par la guerre, ils ferment leur porte.